Donation aux derniers vivants : les inconvénients

Publié le : 20 décembre 20236 mins de lecture

La donation aux derniers vivants, également appelée donation entre époux ou donation au dernier vivant, permet à un conjoint de transmettre tout ou partie de ses biens à l’autre en cas de décès. Ce dispositif présente des avantages indéniables tels que la sécurisation du conjoint survivant et une certaine souplesse quant à la définition de cette transmission. Néanmoins, il est essentiel de bien en mesurer les inconvénients potentiels afin d’évaluer la pertinence de cet acte juridique dans votre situation personnelle.

Le principe d’interdiction des pactes sur succession future

Dans certaines situations, la donation aux derniers vivants peut être soumise au principe d’interdiction des pactes sur succession future. Cette règle stipule qu’il est interdit de prendre des engagements sur le partage des biens qui se fera lors de l’ouverture de la succession. Il existe toutefois quelques exceptions à ce principe, notamment pour les donations entre époux. Toutefois, cela implique que le bénéficiaire ne saura pas précisément quelle part des biens lui reviendra, puisque cela dépendra de la situation du défunt au moment du décès.

Les effets limités par la nature même de la donation aux derniers vivants

Il convient également de rappeler que la donation non inclue dans les dernières volontés n’a d’effet que pour la part d’héritage légale, c’est-à-dire celle dont le conjoint survivant aurait pu bénéficier en l’absence de testament ou de donation. Cela signifie que si le conjoint décède alors que les enfants sont encore mineurs, ces derniers recevront une part d’héritage équivalente à celle du défunt selon les droits légaux.

Des avantages fiscaux relatifs

L’un des principaux atouts de la donation aux derniers vivants réside dans les avantages fiscaux qu’elle offre en matière de transmission de patrimoine. En effet, le conjoint survivant bénéficie d’une exonération totale des droits de succession. Toutefois, il est important de noter que cette fiscalité avantageuse ne concerne que les biens transmis entre époux, et non ceux qui sont légués aux héritiers.

Une clause légale parfois plus avantageuse

Dans certaines situations, la donation aux derniers vivants peut être moins intéressante que le recours à une simple clause légale prévue par la loi. Par exemple, lorsque les droits de mutation sont faibles, il peut être plus judicieux de s’en tenir à l’article 1094 du Code civil (disposant notamment que, par défaut, un conjoint survivant hérite de l’intégralité de la succession). Cela évite ainsi les démarches administratives liées à la donation et permet de réaliser des économies sur les coûts associés.

Le coût du dispositif et la possibilité de le révoquer

L’un des inconvénients majeurs de la donation aux derniers vivants concerne le coût, même si celui-ci reste généralement acceptable pour assurer une meilleure protection au conjoint survivant. En effet, cette option est plus onéreuse que le simple recours à un acte de mariage, en raison notamment des droits d’enregistrement et de la nécessité de passer par un notaire pour formaliser l’accord.

Par ailleurs, il est important de souligner qu’une donation aux derniers vivants peut être révoquée unilatéralement par celui qui l’a consentie, ce qui peut générer des incertitudes quant à la pérennité de la transmission souhaitée. De même, le donataire dispose d’un délai de deux ans pour contester le partage s’il estime que celui-ci lui porte préjudice ou nuit à ses droits héréditaires.

Des risques de conflits familiaux accrus

Cette possibilité de remise en cause et les coûts supplémentaires à prévoir peuvent parfois constituer une source probable de conflits familiaux, notamment en présence d’enfants nés d’une union précédente. Ces tensions peuvent être amplifiées lorsque la succession implique un principe de vases communicants, c’est-à-dire que la répartition des biens entre les héritiers se fait selon un équilibre précaire où la part accordée à un héritier se fait au détriment des autres. Il est donc essentiel de bien peser les avantages et inconvénients d’une donation aux derniers vivants avant de se lancer dans cette démarche, afin de prévenir tout litige potentiel.

La donation aux derniers vivants est un dispositif intéressant pour protéger le conjoint survivant mais présente certains inconvénients qu’il convient de prendre en compte. Les effets limités par la nature même de ce type de donation, les avantages fiscaux relatifs, les coûts engendrés et les risques de conflits familiaux doivent être analysés pour déterminer si cette option est réellement adaptée à votre situation personnelle. Enfin, il peut-être judicieux de se rapprocher d’un professionnel du droit pour obtenir un conseil éclairé sur les modalités de mise en place d’une telle donation.

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