Conductrice française consultant son assurance auto près de son véhicule
Publié le 23 février 2026

545 par an. C’est ce que déboursent en moyenne les Français pour leur assurance auto, selon le baromètre 2025 LeLynx. Pour les jeunes conducteurs, comptez plutôt 1 213 €. Et dans ce budget, combien de garanties payez-vous sans jamais vous en servir ? Dans mon activité de conseiller, je vois des dizaines de conducteurs chaque mois qui paient pour des options inutiles tout en négligeant LA couverture qui pourrait vraiment changer leur vie en cas d’accident. Ce guide va droit au but : je vous dis quoi garder, quoi virer, et pourquoi votre profil compte plus que le discours commercial de votre assureur.

L’essentiel sur les garanties auto en 30 secondes

  • RC obligatoire mais insuffisante seule : elle ne couvre jamais VOS dommages
  • Garantie conducteur : la plus importante des facultatives (et la plus négligée)
  • Tous risques justifié si véhicule de moins de 5 ans ou valeur supérieure à 8 000 €
  • Options marketing à évaluer selon usage réel, pas selon la pub

La seule garantie légalement obligatoire (et ce qu’elle ne couvre pas)

Commençons par ce qui est non négociable. Selon l’article L211-1 du Code des assurances, une seule garantie est imposée pour circuler : la responsabilité civile. Point final. Tout le reste ? Facultatif. Mais attention au piège. Cette garantie minimale couvre les dommages que vous causez aux autres. Jamais les vôtres.

Concrètement, si vous percutez un piéton ou abîmez le véhicule d’un tiers, votre assureur indemnise la victime. Vous renversez un poteau et cassez votre propre pare-chocs ? Vous payez de votre poche. Vous vous blessez gravement lors d’un accident dont vous êtes responsable ? Idem. Aucune prise en charge. Et c’est là que le bât blesse.

Ce que la RC ne couvre jamais

La responsabilité civile ne prend jamais en charge vos propres dommages corporels ni ceux de votre véhicule. En cas d’accident responsable, tous les frais vous incombent : réparations, frais médicaux, rééducation. Un détail que beaucoup découvrent trop tard.

Et si vous roulez sans aucune assurance ? Le délit est puni d’une amende de 3 750 €, avec confiscation possible du véhicule. Franchement, ça ne vaut pas le coup. Par contre, rouler avec uniquement la RC sur un véhicule récent ou si vous roulez beaucoup, c’est prendre un risque financier énorme pour économiser quelques dizaines d’euros par mois.

Mon avis (qui n’engage que moi) : la RC seule ne convient qu’aux véhicules sans valeur que vous êtes prêt à perdre, et uniquement si vous avez une mutuelle santé solide pour couvrir d’éventuels frais médicaux. Dans tous les autres cas, il vous manque des briques essentielles.

Votre profil détermine vos garanties : trouvez les vôtres

Stop aux recommandations génériques. Ce qui convient à votre voisin ne vous convient pas forcément. L’âge de votre véhicule, votre kilométrage annuel, votre zone de stationnement, votre historique de conduite : tout compte. Le coût de votre prime dépend d’ailleurs de nombreux facteurs, et comprendre les critères du prix d’une assurance auto vous aide à mieux négocier.

Trouvez votre formule en 4 questions

  • Votre véhicule a moins de 5 ans ?
    Oui → Tous risques recommandé (valeur résiduelle élevée). Non → Passez à la question suivante.
  • Valeur Argus supérieure à 5 000 € ?
    Oui → Tiers-Vol-Incendie minimum + garantie conducteur. Non → Tiers + garantie conducteur suffit.
  • Stationnement en zone à risque vol ?
    Oui → Garantie vol indispensable quel que soit l’âge du véhicule. Non → Garantie vol optionnelle.
  • Trajets quotidiens domicile-travail ?
    Oui → Assistance 0 km utile si pas de solution de repli. Non → Assistance classique suffisante.
Comparer les formules ensemble permet d’identifier les vrais besoins du foyer



Véhicule neuf ou récent (moins de 5 ans) : le tous risques se justifie

Sur un véhicule dont la valeur dépasse 10 000 €, faire l’économie du tous risques est un pari risqué. Un accrochage responsable dans un parking, un chevreuil sur la route, une grêle violente : sans garantie dommages tous accidents, c’est votre portefeuille qui absorbe le choc.

J’observe dans ma pratique que beaucoup de conducteurs passent au tiers dès le remboursement du crédit auto. Erreur classique. La question n’est pas « ai-je fini de payer ma voiture » mais « combien me coûterait son remplacement demain ». Tant que la réponse dépasse plusieurs milliers d’euros, le tous risques reste pertinent.

Véhicule de plus de 5 ans : arbitrer intelligemment

Passé 5 ans, la valeur Argus chute. Un calcul simple s’impose : comparez le surcoût annuel du tous risques (souvent 200-300 €) à la valeur résiduelle de votre véhicule. Si votre voiture vaut 4 000 € et que le tous risques coûte 250 €/an de plus, vous aurez remboursé sa valeur en 16 ans de cotisations. Ça ne tient pas.

La formule intermédiaire (tiers étendu ou tiers-vol-incendie) offre un bon compromis. Vous conservez les garanties vol, incendie, bris de glace, catastrophes naturelles. Vous abandonnez uniquement la prise en charge de vos propres dégâts matériels en cas d’accident responsable. Acceptable sur un véhicule amorti.

Jeune conducteur ou malussé : sécuriser sans exploser le budget

Avec un coefficient de départ à 1,00 et des primes majorées, les jeunes conducteurs paient cher. Très cher. Le réflexe ? Rogner sur les garanties. C’est exactement l’inverse qu’il faut faire.

Le risque d’accident est statistiquement plus élevé les premières années. Aux termes des règles du bonus-malus, chaque année sans sinistre responsable réduit votre coefficient de 5 %. Après 13 ans sans accroc, vous atteignez le bonus maximum de 0,50. Mais en attendant, vous êtes vulnérable.

Ma recommandation pour ce profil : concentrez le budget sur la garantie du conducteur avec un plafond élevé (100 000 € minimum). Gardez un tiers simple si le véhicule est ancien, mais ne négociez jamais sur votre propre protection corporelle. Un accident responsable avec blessures graves peut ruiner une vie entière.

La garantie que tout le monde néglige (et qui peut tout changer)

Je le constate régulièrement dans les dossiers que je traite : la garantie du conducteur est la grande oubliée des contrats auto. Pourtant, c’est la seule qui vous protège vous, personnellement, en cas d’accident responsable.

La garantie conducteur protège celui qui est derrière le volant, pas seulement les tiers



6%

Hausse moyenne des primes auto en 2025, selon Assurland

Dans mon accompagnement de particuliers en France ces dernières années, l’erreur la plus coûteuse reste la suppression de cette garantie pour économiser quelques euros par mois. Lors d’un accident responsable, sans cette protection, les frais médicaux restent intégralement à votre charge. Ce constat est limité à mon périmètre d’observation, mais il se répète suffisamment pour que je tire la sonnette d’alarme.

Julien, 28 ans : 8 000 € perdus faute de garantie

J’ai accompagné Julien l’année dernière. Commercial itinérant en région lyonnaise, il avait souscrit un contrat au tiers simple sur son véhicule d’occasion de 4 ans pour économiser sur sa prime. Collision avec un animal sur une départementale. Véhicule irréparable. Sans garantie dommages collision, aucune indemnisation. Perte sèche de 8 000 € sur une voiture encore parfaitement fonctionnelle la veille.

Soyons clairs : cette garantie coûte généralement entre 30 et 80 € par an. Pour approfondir ces points et adapter votre contrat à votre situation, consultez ces conseils pour bien assurer sa voiture. Mais le principe reste simple : si vous n’avez qu’une seule garantie facultative à choisir, prenez celle-ci.

Les pièges des options soi-disant indispensables

Les assureurs adorent les options. Chaque case cochée gonfle la prime. Mais toutes ne se valent pas. Certaines sont réellement utiles. D’autres relèvent du pur marketing. Je vous donne mon avis tranché, basé sur ce que je constate dans les dossiers de sinistres.

Options vraiment utiles



  • Garantie conducteur avec plafond élevé (100 000 € minimum)


  • Assistance 0 km si trajets quotidiens sans véhicule de secours


  • Bris de glace si le réseau agréé propose la franchise zéro

Options souvent superflues



  • Véhicule de remplacement si vous avez une seconde voiture


  • Objets transportés si leur valeur reste faible


  • Protection juridique si déjà couverte par votre assurance habitation

L’assistance 0 km mérite un focus. Utile si vous roulez seul sans alternative en cas de panne devant chez vous. Inutile si vous avez un conjoint qui peut venir vous chercher ou si vous êtes membre d’un club automobile qui propose déjà ce service.

Le véhicule de remplacement ? Rarement rentable. La plupart des contrats limitent sa durée (5-7 jours) et imposent des conditions strictes. Si vous avez accès aux transports en commun ou à un second véhicule familial, économisez cette option.

Selon l’étude Assurland sur les hausses 2025, les primes ont augmenté de 6 % cette année. Raison de plus pour ne pas gaspiller votre budget sur des garanties dont vous n’aurez jamais besoin.

Vos questions sur les garanties auto

Suis-je couvert si j’ai un accident et que je suis en tort ?

Avec la RC seule, non. Vos propres dommages matériels et corporels ne sont pas pris en charge. Seule la formule tous risques ou une garantie dommages tous accidents couvre vos dégâts en cas d’accident responsable. La garantie du conducteur, elle, prend en charge vos blessures personnelles quel que soit le responsable.

Le tous risques vaut-il le coup sur un véhicule de 10 ans ?

Rarement. Sur un véhicule dont la valeur Argus est inférieure à 3 000 €, le surcoût annuel du tous risques (200-350 €) n’est pas justifié. Privilégiez un tiers étendu avec garantie conducteur. Vous économiserez tout en conservant l’essentiel.

La garantie du conducteur est-elle vraiment utile si je conduis peu ?

Le kilométrage ne change rien au risque d’accident grave. Même un trajet rare peut mal tourner. Cette garantie coûte entre 30 et 80 € par an. Pour ce prix, vous protégez votre intégrité physique et vos revenus futurs en cas d’invalidité. Mon avis : elle est indispensable quel que soit votre profil.

Puis-je garder mon bonus si je change d’assurance ?

Oui, votre coefficient bonus-malus vous suit. Demandez un relevé d’information à votre ancien assureur : il y figure. Le nouvel assureur est tenu de l’appliquer. Aucune perte de bonus lors d’un changement de compagnie, c’est garanti par la réglementation.

Que se passe-t-il si je ne déclare pas un sinistre ?

Vous risquez la résiliation pour fausse déclaration et la perte de toute indemnisation future. Même un petit accrochage doit être déclaré dans les 5 jours ouvrés. L’assureur peut refuser de vous couvrir sur d’autres sinistres s’il découvre une omission passée. Pas de cachotteries.

Précisions sur le choix de vos garanties

  • Ce guide ne remplace pas l’analyse personnalisée de votre situation par un professionnel de l’assurance
  • Les tarifs et conditions mentionnés sont indicatifs et varient selon les assureurs et votre profil
  • Chaque contrat comporte des exclusions spécifiques à vérifier dans les conditions générales

Risques à anticiper :

  • Risque de découvrir une exclusion au moment du sinistre si contrat non relu attentivement
  • Risque de sur-couverture coûteuse sur un véhicule ancien de faible valeur
  • Risque de sous-couverture corporelle avec une garantie conducteur insuffisante

Pour une analyse adaptée à votre situation, consultez un courtier en assurance indépendant ou le conseiller de votre assureur.

Et maintenant ?

Plutôt que de signer les yeux fermés, sortez votre contrat actuel et posez-vous trois questions : ma garantie conducteur a-t-elle un plafond supérieur à 100 000 € ? La valeur de mon véhicule justifie-t-elle encore le tous risques ? Quelles options me coûtent cher sans jamais servir ?

Si vous ne savez pas répondre à l’une de ces questions, c’est le signe qu’un coup de fil à votre assureur s’impose. Pas pour vendre plus. Pour ajuster au juste.

Rédigé par Thomas Lefebvre, conseiller en assurances exerçant en cabinet indépendant depuis 2017. Il a accompagné plus de 400 particuliers dans le choix de leur couverture auto, de la première voiture aux véhicules premium. Son expertise porte sur l'analyse des besoins réels versus les garanties marketing, l'optimisation du rapport couverture/cotisation et la gestion des sinistres. Il intervient régulièrement en tant que formateur auprès de réseaux de courtiers sur les évolutions réglementaires du secteur.